Guide du chantier
Les étapes d’un chantier de construction.
Du terrain nu à la remise des clés, les étapes d’un chantier de construction se suivent toujours dans le même ordre. Voici ce qui se passe à chaque phase de construction, et ce que le maître d’ouvrage doit décider.

Avant le chantier : projet, autorisation et choix de l’entreprise
Avant le premier coup de pelle, il faut un projet, une autorisation de construire, un budget et une entreprise ; ces décisions déterminent le déroulé du chantier.
Un projet de construction commence par le terrain, le programme et le budget. Un architecte dessine le projet, un ingénieur dimensionne la structure et un bureau spécialisé étudie le sol. Le dossier est ensuite déposé auprès du canton.
Ces démarches administratives sont décrites par le canton de Genève et par l’État de Vaud (liens en bas de page). Pour le budget, voyez notre page d’estimation de construction de maison.
Quand l’autorisation est délivrée, le maître d’ouvrage choisit son mode de réalisation : plusieurs entreprises par corps de métier, ou une entreprise générale qui prend l’exécution en charge sous un seul contrat. Ce choix est une étape cruciale : il fixe le prix, le calendrier et le partage des responsabilités avant le premier coup de pelle. Notre guide qu’est-ce qu’une entreprise générale ? détaille ce choix.
Installation de chantier et terrassement
Le chantier démarre par l’installation du site, l’implantation de l’ouvrage et le terrassement : décapage de la terre végétale, fouilles et évacuation des matériaux.
On installe les clôtures, les accès, les raccordements provisoires d’eau et d’électricité, puis on implante le bâtiment : un géomètre reporte sur le terrain les axes et les cotes du projet. Vient alors le terrassement, qui amène le terrain à la cote prévue.
Les travaux de terrassement ouvrent le chantier. L’entreprise y respecte les normes de sécurité propres aux fouilles, sur lesquelles la Suva publie des recommandations de prévention.
Cette étape est décrite en détail dans notre guide terrassement : étapes et points de vigilance.
Fondations : reporter les charges sur le sol
Les fondations transmettent le poids du bâtiment au sol ; selon l’étude du sol, il s’agit de semelles ou d’un radier en béton armé, ferraillés, coffrés puis coulés.
Les fondations sont contrôlées avant coulage : ferraillage, enrobage, niveaux. Elles sont suivies, selon le projet, du drainage et de l’étanchéité des parties enterrées.
Selon le projet, la partie enterrée comprend un sous-sol ou un vide sanitaire, espace ventilé ménagé sous le plancher du rez-de-chaussée. Notre guide semelles ou radier : quel choix ? explique comment le type est choisi.

Gros œuvre : les murs, les dalles et la structure
Le gros œuvre regroupe le béton armé et la maçonnerie : murs, dalles, poteaux et escaliers, montés niveau après niveau avec un contrôle constant des aplombs.
Le gros œuvre donne au bâtiment sa structure. On coule les dalles et les voiles en béton armé, on monte les murs en maçonnerie, puis on réalise la charpente et la toiture. Le chantier est « hors d’eau » quand la couverture est posée, et « hors d’air » quand les fenêtres sont en place.
Après les fondations vient l’élévation des murs, niveau après niveau. L’entreprise exécute un ouvrage conforme aux normes SIA applicables, et chaque niveau est contrôlé pour vérifier la conformité aux plans de l’ingénieur.
La logique en est simple : chaque niveau repose sur le précédent, donc chaque étape attend la précédente. Notre guide béton armé : ferraillage, coffrage, coulage en détaille la mise en œuvre.
Second œuvre : cloisons, sols, peintures, installations
Le second œuvre commence quand le bâtiment est fermé : installations techniques, plâtrerie, chapes, carrelage, peintures et menuiseries intérieures s’enchaînent dans un ordre précis.
Le second œuvre concerne tout ce qui équipe et habille le bâtiment. L’ordre habituel est le suivant :
Réception de l’ouvrage et garanties
À la livraison, le maître d’ouvrage vérifie l’ouvrage et dispose de 60 jours pour signaler les défauts d’un ouvrage immobilier (pour un contrat conclu depuis le 1er janvier 2026) ; ces défauts se prescrivent par cinq ans selon le Code des obligations.
La réception des travaux est le moment où l’ouvrage est remis au maître d’ouvrage. Il lui incombe de le vérifier dès que possible. Pour un ouvrage immobilier, il dispose de 60 jours pour signaler les défauts à l’entrepreneur, et toute convention imposant un délai plus court est nulle (article 367, alinéa 1bis, du Code des obligations, en vigueur depuis le 1er janvier 2026).
Un défaut qui ne pouvait pas être constaté à la réception doit être signalé dans les 60 jours suivant sa découverte (article 370, alinéa 4). Pour un contrat conclu avant 2026, demandez conseil sur le régime applicable. La responsabilité de l’entrepreneur pour les défauts d’un ouvrage immobilier se prescrit par cinq ans à compter de la réception (article 371, alinéa 2). Lorsque la norme SIA 118 a été convenue, elle ajoute un régime de garantie et de levée des réserves.
Avant la remise des clés, les réserves éventuelles sont notées puis levées. Un interlocuteur unique en entreprise générale simplifie ce suivi.
Qui fait quoi à chaque étape du chantier
Chaque étape du chantier mobilise des intervenants différents : le maître d’ouvrage décide, l’architecte conçoit et surveille, l’ingénieur calcule, l’entreprise exécute.
Le partage des rôles évolue au fil du projet :
Pendant le projet et l’autorisation
L’architecte dessine, l’ingénieur dimensionne la structure, un bureau spécialisé étudie le sol. Le maître d’ouvrage valide le programme et le budget. L’entreprise peut être consultée très tôt pour conseiller sur la faisabilité et les coûts.
Pendant le gros œuvre
L’entreprise exécute d’après les plans de l’ingénieur. L’architecte contrôle la conformité au projet et au permis, l’ingénieur vérifie les points essentiels (ferraillage avant coulage, par exemple).
Pendant le second œuvre
Les corps de métier se succèdent : l’entreprise générale tient le calendrier, l’architecte contrôle les finitions et l’adéquation avec le descriptif. Le maître d’ouvrage fait ses choix de finitions dans les délais prévus.
Ce qui détermine la durée d’un chantier
La durée d’un chantier dépend de la taille du bâtiment, du sol, du mode constructif, des délais d’autorisation et d’approvisionnement, et de la météo ; elle se fixe dans un calendrier au contrat.
Aucune durée type ne s’applique à tous les travaux de construction. Les phases de construction s’enchaînent selon un calendrier fixé au contrat. Une construction en béton et maçonnerie suit le temps de prise et de séchage des ouvrages ; une construction en ossature bois déplace une partie du travail en atelier. Les commandes de fenêtres, de menuiseries et d’appareils ont leurs propres délais, à lancer tôt. Un calendrier réaliste intègre aussi des marges pour la météo, en particulier pour le terrassement et le bétonnage.
Les contrôles à chaque étape
Chaque étape s’achève par un contrôle avant la suivante : implantation, plateforme, ferraillage, béton, étanchéité, installations ; ils protègent le maître d’ouvrage des défauts cachés.
Les points de contrôle principaux :
- Implantation : axes et cotes vérifiés par le géomètre
- Plateforme : cotes, pentes et fond de fouille réceptionnés avant les fondations
- Ferraillage et coffrage : contrôlés avant tout coulage
- Béton : classe et consistance vérifiées à la livraison
- Étanchéité et isolation : contrôlées avant d’être recouvertes
- Installations : essais avant fermeture des cloisons et des plafonds
Les erreurs à éviter pendant un chantier de construction
Les erreurs les plus coûteuses sont simples : modifier le projet en cours de chantier, négliger l’étude du sol, oublier les délais d’approvisionnement et sauter les contrôles intermédiaires.
Les erreurs qui reviennent le plus :
- Changer de choix en cours de route : chaque modification coûte du temps et de l’argent
- Faire l’économie d’une étude de sol, puis découvrir de l’eau ou un sol faible en fouille
- Commander tard les menuiseries, les appareils et les carrelages
- Ne pas vérifier les contrats et les assurances avant de commencer
- Ne pas consigner les réserves à la réception
Le chantier vu par le voisinage : bruit, circulation, propreté
Un chantier perturbe le voisinage par le bruit, la circulation des camions et la poussière ; l’information des voisins et des protections limitent les conflits.
Les camions, les engins et les grues rythment les premières phases ; la poussière et le bruit se concentrent au terrassement, au bétonnage et aux démolitions. Informer les voisins avant le début, respecter les horaires, nettoyer les abords et protéger les accès évitent la majorité des plaintes. Ces mesures figurent au planning du chantier.
Fin de chantier : nettoyage, plans de récolement, entretien
À la fin du chantier, on nettoie, on remet les plans conformes à l’exécution, les notices d’entretien et les attestations ; ces documents servent toute la vie du bâtiment.
La remise de l’ouvrage donne lieu à la remise de la documentation prévue au contrat : notices des équipements, attestations de contrôle, garanties. Conservez-les : ils seront précieux pour l’entretien, une revente ou une rénovation future.
Ce que le maître d’ouvrage doit décider, et quand
Le maître d’ouvrage prend des décisions à des moments précis : programme, budget, choix de l’entreprise, finitions, réceptions ; les décider à temps évite des surcoûts.
Avant le chantier, il fixe le programme et le budget. Au moment de l’appel d’offres, il choisit l’entreprise et le contrat. Pendant le chantier, il valide les choix de finitions dans les délais (sols, carrelages, menuiseries, peintures). À la fin, il vérifie l’ouvrage, formule ses réserves et prend possession des lieux. Un calendrier des décisions, tenu avec l’architecte, évite les arrêts de chantier.
Gros œuvre et second œuvre : pourquoi cet ordre
On construit d’abord ce qui porte, puis ce qui ferme, enfin ce qui équipe et habille : cet ordre évite de détruire ce qui vient d’être fait et protège les finitions de l’humidité du gros œuvre.
Le béton et la maçonnerie dégagent beaucoup d’humidité en séchant ; on ne pose ni parquet ni peinture sur un support humide. Les réseaux se posent avant les cloisons, les cloisons avant les sols, les sols avant les peintures. Intervertir l’ordre oblige à refaire : une saignée dans un plâtre fini, une rayure sur un sol posé. La coordination, c’est d’abord le respect de cette séquence.
Glossaire du chantier
Quelques termes à connaître pour suivre un chantier : implantation, plateforme, hors d’eau, hors d’air, réserves, réception, décompte.
Les mots du chantier :
- Implantation : report sur le terrain des axes et des cotes du projet
- Plateforme : surface terrassée à la cote prévue, prête pour les fondations
- Hors d’eau : toiture posée, bâtiment protégé de la pluie
- Hors d’air : fenêtres et portes extérieures posées, bâtiment fermé
- Réserves : défauts constatés à la réception, à corriger
- Réception : remise de l’ouvrage au maître d’ouvrage
- Décompte : état final des travaux exécutés et des sommes dues
À lire aussi
- La page entreprise générale.
- La page estimation de construction de maison.
- Le guide préparer sa demande de devis de travaux.
Pour aller plus loin
- Code des obligations, contrat d’entreprise, articles 363 à 379 (Fedlex)
- Demander une autorisation de construire (République et canton de Genève)
- Permis de construire (État de Vaud)
- Normes de la construction (Société suisse des ingénieurs et des architectes, SIA)
- Conférence de coordination des services de la construction et des immeubles des maîtres d’ouvrage publics (KBOB)
- Prévention (Suva)
FAQ
Questions fréquentes
Quelles sont les grandes étapes d’un chantier de construction ?
Les étapes d’un chantier de construction sont les suivantes : projet et autorisation, terrassement, fondations, gros œuvre, hors d’eau, second œuvre, finitions, puis réception de l’ouvrage et levée des réserves.
Quelle est la différence entre gros œuvre et second œuvre ?
Le gros œuvre assure la solidité et la stabilité du bâtiment (fondations, murs, dalles, structure de toiture). Le second œuvre l’équipe et l’habille (installations, cloisons, sols, peintures).
Combien de temps dure la construction d’une maison ?
La durée dépend de la taille, du terrain, du mode constructif et de la météo. Elle est fixée dans le calendrier du contrat.
Qui coordonne les corps de métier ?
Selon le contrat, l’architecte ou une entreprise générale, qui assure la coordination et répond de l’ensemble.
Quand les défauts doivent-ils être signalés ?
Pour un ouvrage immobilier, le maître dispose de 60 jours pour signaler les défauts constatés, et de 60 jours dès leur découverte pour ceux qui étaient cachés (Code des obligations, articles 367 et 370 ; règle en vigueur pour les contrats conclus depuis le 1er janvier 2026, après vérification de l’ouvrage dès que possible). Ces défauts se prescrivent par cinq ans.
Quand commencer à choisir les finitions ?
Dès le projet de l’ouvrage : les choix de sols, de carrelages et de menuiseries ont des délais de commande et conditionnent les réservations du gros œuvre.
Peut-on modifier le projet pendant le chantier ?
Oui, mais chaque modification est chiffrée et planifiée avant exécution. Plus elle intervient tard, plus elle coûte.
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